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Pourquoi j'ai choisi d'écrire sur la violence conjugale et domestique ?


Pour de nombreuses raisons, et celle qui vous paraîtra la plus évidente est vraie, mais là n'est pas le sujet.

Pourquoi j'ai souhaité de l'aborder de cette manière ? Avec une narration à la troisième personne du pluriel ?

Parce qu'elle permet de mettre le lecteur à la place du personnage principal, de lui faire perdre pieds, petit à petit et pour l'entraîner avec elle dans la spirale de la violence. 

Une lectrice m'a écrit : "J'avais un avis très tranché sur la question. Je ne comprenais pas ses femmes. Pour moi, il était impossible que je laisse un homme lever la main deux fois sur moi. Ce livre m'a fait changer d'avis, je me rend compte que les choses ne sont pas aussi simple que ce que je pensais et qu'il est parfois tout simplement impossible de partir."

Bien sûr, ce commentaire m'a touchée, mais surtout, il m'a encore plus donné envie de porter mon roman à bout de bras et de sensibiliser encore plus de gens. Je ne suis pas persuadée que faire des manifestations contre les féminicides soit efficace. Alors oui, bien sûr, il faut demander à l'Etat de durcir les peines et de trouver de meilleures solutions pour les familles en détresse, c'est évident ! Mais est-ce que la première des choses à faire ne serait pas d'intervenir avant que ces familles aient besoin d'aide ? 

C'est un autre sujet que j'ai cherché à traiter dans ce thriller, la sourde passivité des témoins qui n'osent pas agir, qui ne savent pas comment le faire. Qu'il s'agisse de la famille, des voisins, des amis, de la maitresse à l'école etc. Certaines personnes ont tendance à tenir les victimes pour responsable pour leur manque de réactivité, pour leur incapacité à appeler à l'aide, pour leur soit disant volonté de rester dans cette situation... Mais il est très facile d'oublier que les victimes sont parfois si endoctrinées qu'elles ne voient pas qu'elles en sont une.  C'est aussi facile de tenir les autorités pour responsable, mais quand la violence n'est que psychologique, qui croire ? C'est parole contre parole, comment être alors certain ? Sans témoin pour collaborer une version ou une autre, comment déterminer qui est la véritable victime ? Et ça, c'est quand une victime se sent prête à porter plainte.

La violence, quelle soit psychologique ou physique, ne passe jamais inaperçue, j'insiste, jamais.

Il y a toujours un témoin qui n'est pas certain de ce qu'il a vu, toujours quelqu'un pour s'interroger du changement de comportement d'un enfant, du changement vestimentaire d'une femme (ou d'un homme) qui se met soudain à porter des cols roulés à la fin du printemps ou qui met de plus en plus de fond de teint, toujours quelqu'un pour noter un changement de comportement, un éloignement, puis une isolation... 

Il y a toujours quelqu'un qui peut entendre un sanglot, un cri ou un bruit suspect.

C'est pour toutes ces raisons que j'ai écrit ce livre. Je l'ai enrobé d'une intrigue palpitante et de rebondissements qui tiennent en haleine, mais le but premier était là : Aider les gens à ouvrir les yeux. Ceux qui peuvent faire vraiment changer les choses, c'est nous tous. Nous sommes le changement que nous voulons voir. Nous sommes ceux qui peuvent tendre la main.




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